Culture scientifique et recherche

Les chiffres peuvent-ils mentir ?

Sondages, poker, cours de la bourse...
Les chiffres peuvent-ils mentir ?

Débat gratuit et ouvert à tous !!

Mardi 27 septembre 2011, 18h30 à la Favela Chic (place Saint Michel à Amiens)

Des chiffres et des lettres

« La preuve par les chiffres », « Chiffres à l’appui », « les chiffres parlent d’eux même », « un petit graphique en dit plus qu’un long discours »... Les chiffres ont souvent plus d’impact sur nous que les lettres et nous fascinent par leurs pouvoirs magiques : neutres, objectifs, ils semblent porteurs d’une vérité brute, immuable et rassurante.

Et pourtant ! Un graphique a-t-il déjà mis 2 hommes politiques d’accord ? Une courbe a-t-elle déjà atténué une controverse scientifique ? A-t-on jamais autant débattu qu’autour des chiffres justement ? Politique, marketing : les échelles sont étirées ou raccourcies, les courbes orientées dans le sens voulu, et les données chiffrées utilisées comme des armes argumentaires qui laissent sans réplique et interdisent le dialogue, tant et si bien que Mark Twain en a été amené à déclarer un jour « Il y a 3 sortes de mensonge : les mensonges, les gros mensonges et les statistiques ». Exit alors le pouvoir magique : les chiffres pourraient profiter de notre confiance fraîche et spontanée pour nous mentir éhontément ?

« 70% des chômeurs sont des immigrés» « Pas de ceinture : 2 morts sur 5 » : qu’avez-vous compris ? Qu’aviez vous lu ? Et si c’était justement votre fascination des chiffres qui vous poussait à vouloir à tout prix leur faire dire quelque chose ? Et si vous prêtiez-vous même de long discours aux chiffres, en prononçant machinalement leurs affreux mensonges ? Et si finalement les chiffres n’avaient rien n’à dire ? Pour ma part, si un supercalculateur trouvait, comme dans le roman «The Hitchhiker's Guide to the Galaxy» de Douglas Adams, que la réponse ultime à la grande question sur la vie, l’univers et le reste était quarante deux, je le croirais. Sur parole.

Des statistiques pour dompter le hasard ?

Tiercé, sondages d’opinion, médecine : la statistique est partout ! Elle est notre meilleure amie et nous guide dans les moindres de nos choix, prédisant le temps qu’il fera très certainement demain, pointant le placement financier le plus favorable, nous donnant notre espérance de vie et notre risque de souffrir d’hypertension. Quand INSEE, IPSOS, IFOP et SOFFRES sont les premières muses des politiques publiques, les statistiques nous servent de support pour gérer des aléas allant des risques géologiques aux risques sanitaires en passant par les risques financiers. Les statistiques nous permettent-elle d’éviter efficacement des catastrophes majeures ? Rêvons nous de nous débarrasser une bonne fois pour toute du chaos ?

Notre gestion statistique des risques actuelle permet de faire le distinguo entre un risque qui a une forte ou une faible probabilité d’arriver. Nous assumons par exemple lorsque nous faisons un test de dépistage du sida, un très faible risque que le test soit positif alors que nous ne le sommes pas, et nous vivons, à Amiens sous la menace discrète d’un risque sismique négligeable mais non nul. Cette gestion statistique des risques nous amène à considérer par simplification tout risque à faible probabilité d'occurrence comme impossible. Cependant, des évènements comme la crise financière et la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima sont passés entre les mailles de notre filet à prédiction, et nous ont montré récemment que des phénomènes statistiquement peu probables pouvaient tout de même se réaliser. Est-il alors nécessaire d'envisager de nouveaux systèmes pour analyser les risques qui nous entourent ?

Si imparfaite soit-elle, la certitude statistique semble de plus parfois une amie un peu froide et fade. Savoir que nous avons très peu de chances de gagner au loto nous empêche-t-il de « tenter notre chance » ? Si les statistiques peuvent prévoir les meilleurs coups, comment expliquer la satisfaction que nous avons à jouer au poker, au black jack, à la roulette ? Et qui n’a pas rêvé comme Luke le héro du roman « The Dice Man », Luke Rhinehard, d’ajouter imprévisibilité et désir à sa vie en soumettant pour un temps ses grandes décisions aux dés ? Chance, destinée, hasard, fortune, bonne étoile : ferions-nous du chaos insaisissable une nouvelle religion ?

Venez débattre de ces questions et de bien plus encore avec les spécialistes.

Invités :
Gilles Dowek, chercheur à l'Institut national de recherche en informatique et en automatique, enseignant à l'École polytechnique, et auteur de nombreux livres de vulgarisation.
Patrick Le Scouëzec, chef de la division Etudes à l'INSEE Picardie.
Julien Burnay, joueur de poker confirmé.

Vous voulez poser vos questions : http://forum.cnam-picardie.fr/les-chiffres-peuvent-ils-mentir-t446.html
 

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